Et de neuf ! Neuvième album studio en vingt deux ans d’activité pour Dave Grohl et sa bande.
Les Foo Fighters, c’est un peu le groupe que tout le monde aime bien. Ou tout du moins, celui auquel personne n’a d’immense reproche à adresser. Sérieusement. C’est quand la dernière fois qu’un type vaguement sensible aux guitares saturées vous a dit “Mec, mais je HAIS les Foo Fighters moi !” ? Jamais ? OK. Parce que dans la catégorie rock de stade, c’est quand même difficile de faire mieux que ces gars là.
Toujours dans une espèce d’équilibre entre quelque chose de suffisamment sale et suant pour plaire à une frange plus “dure” du public, suffisamment référencé et crédible pour trouver grâce auprès des vieux qui ont grandi avec (rayez la mention inutile) Led Zeppelin ou Minor Threat, mais également toujours suffisamment pop et tubesque pour séduire un auditoire plus jeune qui trouve là une porte d’entrée vers un univers musical de qualité. Mis bout à bout, le panel consommateurs auquel Dave refourgue ses galettes et ses T-shirts paraît (et de loin) le plus large du rock contemporain.
Fatalement, après toutes ces années et tous ces disques, un groupe aussi fédérateur ne finit-il pas par tomber dans une certaine tiédeur ? Si “Sonic Highways”, le précédent album, m’aurait probablement fait répondre par l’affirmative (malgré une poignée d’excellents titres), il n’en est absolument rien de ce “Concrete And Gold”. En consolidant les ponts qu’il a bâti entre le mainstream et l’underground, le groupe livre un album audacieux, bourré de clin-d’oeils aux grands anciens et pourtant diablement actuel.
Entre ces harmonies vocales hallucinantes sorties tout droit des sixties, ces assauts répétés de six-cordes sur-saturées, la nouvelle dimension progressive de certains titres (non mais vous avez entendu ce “Dirty Water” ?) et ces hymnes sidérants d’immédiateté (notamment “Run” et l’immense “The Sky Is A Neighborhood”) on ne sait franchement plus où donner de la tête. Particulièrement lors d’une écoute au casque où la couleur très particulière de la production de Greg Kurstin (dont je n’énumérerai pas l’éventail des collaborations, allant de Shakira à Katy Perry, par respect pour vos yeux) prend tout son sens.
Du bel ouvrage, encore une fois. ![]()



