Après un “The Pale Emperor” en forme de renaissance artistique, “Heaven Upside Down” voit le duo Marilyn Manson / Tyler Bates remettre le couvert pour le meilleur… et pour le pire.

Le pire qui démarre avant même que le disque ait pris place sur la platine. Si traditionnellement, Manson a toujours fait dans la pochette moche, cette tronche de vampire low cost de Saint-Germain-En-Laye que le sieur arbore ici incite à la méfiance. “Hé mec, t’as pas du feu ?” semble nous demander Dracula dans son manteau Paco Rabanne. Brrr… la subversion 2.0. Et la musique dans tout ça ? Minute papillon, tant qu’on est dans le bashing, autant parler des textes où Manson retombe parfois dans ses pires travers. Dont celui de la punchline facile interdite d’écriture à un mec de son intelligence ou, plus généralement, aux plus de 16 ans. ET LA MUSIQUE DANS TOUT CA ? Oui oui oui, on y vient…

Hé bien personnellement (parce que oui, on a beau écrire des chroniques sur une espèce de ton définitif, au fond, ça ne reste qu’un avis qui n’a pas plus de poids que celui d’un autre), personnellement donc, je me suis régalé. Si Bates est une bête de songwriter et de producteur (non mais allo quoi, bonjour le son de goret !), il a surtout réussi à écrire une collection de 10 titres résumant à eux seuls à peu près tout ce que Manson a sorti jusqu’à présent.

Du metal-industriel certes moins bien troussé que quand Reznor s’en occupait mais tout de même inespéré à ce moment de la carrière d’un Manson qui s’y saigne les cordes vocales comme à la belle époque d’”Antichrist Superstar” (“Revelation #12”, “WE KNOW WHERE YOU FUCKING LIVE”), du mid-tempo épique et introspectif à la “Mechanical Animals” (l’énorme trio de fin “Blood Honey”/”Heaven Upside Down”/”Threats Of Romance”), du tube sournois à la “Holy Wood” (“SAY10”, “KILL4ME”), le tout emballé dans l’ambiance bluesy crasse et paillettes de “The Pale Emperor”.

Comme Céline avec son Jean-Jacques (“Pour que tu m’aaaaaiiiiiiiiimeeees eeeencoooooOOooOooore…”), Manson a trouvé en Bates celui qu’il lui fallait pour lui trousser du morceau sur mesure. Pourvu que ça dure…

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