Aujourd’hui, en lieu et place du traditionnel disque de la semaine, vous avez droit au top 10 des sorties 2017 (et un peu de fin-2016 aussi) de votre humble serviteur !
(qui, étrangement, a décidé de parler de lui à la troisième personne ce matin
).
En ordre totalement alphabétique, les lauréats des premières Victoires de la Fuzzerie (
) sont :
– Against Me! « Shape Shift With Me »
Toujours aussi fort quand il s’agit d’écrire des vraies chansons punk-rock, de les jouer avec les tripes et de les rendre super abordables malgré le côté rêche de la production, Against Me! déroule du tube par paquet de douze sur cet impeccable septième album.
– Arcade Fire « Everything Now »
L’album de la discorde entre les fans. Tout pourri pour la majorité, tout beau pour les autres. Evidemment, s’il est dans mon top de fin d’année, c’est que je fais plutôt partie de la seconde catégorie (levez la main les copains, on n’y est pas nombreux !). Des morceaux géniaux et salement courageux pour un groupe aussi respecté dans son style.
– Carpenter Brut « Live »
On ne va pas se mentir, mater un mec derrière son laptop en live, c’est la misère. La tête de gondole de la synth-wave l’a bien compris et s’entoure sur scène d’un gratteux et d’un batteur qui tabassent. Plus épiques, plus fortes et plus vivantes que leurs versions studio, ces nouvelles moutures live des meilleurs morceaux du charpentier atomisent la concurrence.
– Body Count « Bloodlust »
Des groupes qui sortent leur meilleur album après 25 années de carrière, il n’y en a pas beaucoup. C’est pourtant ce qu’ont fait les parrains du rap-metal avec ce “Bloodlust” de folie. C’est bovin comme pas permis, outrancier comme jamais et ça thrashe à tous les étages en mitraillant de la punchline de gangster. Ice-T, 60 balais au compteur, vénère puissance dix bitch.
– Grave Pleasures « Motherblood »
Le retour des anglo-finnois avec un album sombre et tendu gavé de tubes apocalyptiques. Les recettes du post-punk brillamment appliquées au rock. Comme si les Misfits rencontraient Killing Joke et Joy Division à une fête de fin du monde. La classe intergalactique.
– Impure Wilhelmina « Radiation »
Le groupe enchaîne après le glorieux “Black Honey” et continue de creuser un sillon qui lui est propre. Un post-metal aux guitares amples et majestueuses, magnifiquement ciselées, qui viennent soutenir une voix claire toujours aussi unique et prenante.
– Low Roar « Once In A Long, Long While… »
Un nouvel écrin de douceur electro-pop façonné par la voix angélique de Ryan Karazija. Moins ambitieux dans ses structures que ses deux prédécesseurs mais toujours aussi plaisant, ce troisième album défile à la vitesse de la lumière et laisse à nouveau rêveur devant tant de beauté.
– Mastodon « Emperor Of Sand »
Quand Brendan O’Brien avait collaboré pour la première fois avec Mastodon, ça avait donné le chef-d’oeuvre “Crack The Skye”. Rebelote sur ce “Emperor Of Sand” passionnant qui commence par s’apprécier comme un disque quasiment pop avant de révéler des profondeurs insoupçonnées. Le tandem Hinds/Kelliher s’y affirme encore un peu plus comme l’une des plus belles paires de guitaristes du metal contemporain.
– Run The Jewels « RTJ3 »
Clairement pas mon rayon, mais voilà du hip-hop comme je l’aime ; qui pose pas trop et flirte pas avec le neo-R’n’B dégueulasse et les refrains de pisseuses. Moins immédiat et foncièrement dingue que le “RTJ2” qui m’avait traumatisé à sa sortie mais finalement tout aussi riche et addictif.
– Wovenhand (official) « Star Treatment »
Cette “nouvelle” formule de Wovenhand qui a vu David Eugene Edwards s’entourer de membres de Planes Mistaken For Stars est décidément magique. Unique, ambiancé, aérien, épique, psychédélique, mystique, d’une puissance évocatrice folle et toujours aussi bonnement difficile à étiqueter, ce nouvel album n’aura pas déçu. Dieu merci.



