Cinq années après avoir été élevé au rang d’icône avec “The Downward Spiral” et ses millions d’albums vendus, Trent Reznor revenait en 1999 avec “The Fragile”… et allait décevoir une bonne partie de ses fans.
Ceux attirés par la frénésie et l’imagerie sale et décadente de son prédécesseur se désintéressent du groupe (il se vendra deux fois moins de “The Fragile” que de “The Downward Spiral”) tandis que celui-ci sortait ce que beaucoup considèrent encore aujourd’hui comme son chef-d’oeuvre absolu.

Dans la discographie de Nine Inch Nails, hormis l’interminable et anecdotique “Ghosts I-IV”, il n’y a rien à jeter. Mais si “The Fragile” est une telle réussite, c’est avant tout car celui-ci est aussi étrange que captivant. Etrange car comparativement aux sorties précédentes du “groupe”, celle-ci est beaucoup plus ambiancée, plus nuancée et hypnotique (ce qui vaudra au disque de se voir qualifier de “mou” à sa sortie par de nombreuses langues de vipères).
Les attaques frontales sur-saturées de l’époque “Broken”/”The Downward Spiral” laissent place à un disque faussement apaisé, plein de textures et de poésie, bien éloigné du metal-industriel dont le groupe était pourtant jusque là la figure de proue. Une espèce de “The Wall” des années 90, long de près de deux heures, qui ne peut s’apprécier que pris dans son intégralité, immergé dans ses 23 titres phénoménaux ne révélant leurs secrets qu’après de nombreuses écoutes attentives.

Difficile également de parler de ce disque sans mentionner sa production absolument démentielle qui fourmille de textures et de détails rendant chacune de ses écoutes toujours plus passionnante.

A défaut (pour l’instant !) de pouvoir mettre la main sur une version LP à moins de 150 €, la version CD bénéficie d’un packaging très soigné et est quant à elle super abordable. Hééé, mais ça tombe bien ça ! Elle est dispo en ligne et au magasin !

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