Pas loin de 20 années de carrière, six albums studios… et un succès toujours aussi relatif pour les suisses d’Impure Wilhelmina qui, personnellement, me régalent à chacune de leur sortie depuis le monumental “I Can’t Believe I Was Born In July” de 2003.
Alors pourquoi une telle confidentialité pour un groupe pétri d’un tel talent ? Pourquoi pareil manque de reconnaissance pour ces (plus si) jeunes gens dont les disques sont pourtant d’une qualité et d’une originalité constante ? Une promo un peu légère ? L’absence totale de gimmick gonflant son coefficient de coolitude ? L’apparente banalité de son image ? Le positionnement complexe de sa musique, à cheval sur tellement de styles qu’elle en devient trop ceci pour les uns et pas assez cela pour les autres ? La faute à pas de chance ? Probablement un peu de tout ça… et pourtant, pourtant, POURTANT NOM D’UN P’TIT BONHOMME, son dernier album est une nouvelle fois une leçon de classe et de sensibilité musicale.
Ayant lentement évolué vers une musique toujours plus mélodique jusqu’à en éradiquer quasi totalement le chant hurlé (ici présent sur un seul des dix titres), le groupe continue de nous proposer cette synthèse ahurissante d’à peu près tout ce que le rock lourd a produit ces 40 dernières années.
Bien malin celui qui réussira à clairement identifier les influences du groupe mais dans ces guitares belles à pleurer, dans l’ampleur et la grandeur du travail harmonique qu’elles abattent, il y des réminiscences des héros du grunge et de l’indie/noise-rock (Jerry Cantrell et Thurston Moore en tête), des traces du metal le plus noir d’Europe du Nord dont elles empruntent le souffle épique et les dissonnances, un côté étrangement new-wave/Johnny Marr par instant et certainement des bribes de classic-rock dans ce côté infernalement catchy des arpèges.
Car l’étrangeté du travail guitaristique des deux six-cordistes du groupe est que la plupart des riffs, un peu à l’image de ce que font parfois les zazous de Mastodon, sont en fait des arpèges. Des arpèges joués les amplis dans le rouge, certes, mais des arpèges quand même. Et le résultat est absolument somptueux. Aussi épique et inventif que doté d’une tension dramatique terrible sur laquelle vient se poser le chant théâtral, plein de tripes et de poésie de Michael Schindl.
Alors je vais m’arrêter là (parce que contrairement aux apparences, j’ai du boulot quand même ho !
) mais je pourrais continuer comme ça encore longtemps tant ce groupe et ses disques sont fabuleux.
Dispo en ligne et au magasin dans une superbe édition limitée à 200 exemplaires pressés sur vinyle couleur… bière. ![]()



