Avant de devenir le groupe culte qu’on connaît aujourd’hui, les Misfits n’étaient qu’un petit groupe DIY parmi tant d’autres.
C’est ainsi que son chanteur et unique compositeur de l’époque, Glenn Danzig, monta en 1977 son propre label, Blank Records, afin d’y sortir le premier single du groupe. Quelques mois plus tard, Mercury Records qui ignoraient l’existence dudit label lançaient une sous-division malencontreusement baptisée du même sobriquet. Danzig, alors propriétaire légal du nom, se vit offrir 30 heures d’utilisation des studios Mercury en échange de la cession des droits sur l’utilisation du nom Blank Records.
C’est ainsi que fut enregistré ce qui devait devenir le premier album du groupe, “Static Age”. Album qui ne verra finalement jamais le jour faute de label intéressé par sa sortie. Danzig remontera alors sa propre structure (Plan 9) et éparpillera certains de ces morceaux sur différentes sorties mais jamais l’album ne verra le jour sous sa forme initiale… tout du moins du vivant de la première incarnation du combo.
Il fallut attendre 1996 (!) pour que sorte enfin ce disque tel que le groupe l’avait enregistré à l’époque. Et si celui-ci est aussi important, c’est qu’il renferme probablement ce que les Misfits ont produit de meilleur dans leur carrière en démontrant que dès le départ, Danzig avait une vision très claire de ce que devait être ce projet ; un punk-rock simple et direct lourdement influencé par les Ramones et dominé par son incroyable voix (qui lui vaudra le surnom d’”Evil Elvis” tant son timbre était proche de celui du King).
Dès ce premier effort, certaines pépites que les mastodontes du hard-rock et du metal des nineties (Guns N’ Roses et Metallica en tête) reprendront étaient couchées sur bande : “Last Caress”, “We Are 138”, “Attitude”, “Teenagers From Mars”, j’en passe et des meilleures.
Les chansons sont courtes, rapides, incroyablement bien écrites (avec des refrains tous plus phénoménaux les uns que les autres) et lardées d’un humour noir absolument délicieux. Le plus beau c’est que, paradoxalement, ce premier album est de loin la sortie des Misfits qui bénéficie du meilleur son. C’est urgent, rêche et mal dégrossi mais globalement suffisamment clair et puissant pour être parfaitement adapté au style.
Si vous ne devez posséder qu’un seul album de ces petits génies du New Jersey, c’est celui-ci !
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