Mais pourquoi tant de haine ? Après avoir lu toutes sortes de chroniques qui présentaient ce disque comme la déroute d’Arcade Fire, comme si d’un coup le groupe venait de sortir un disque de zumba, j’avoue avoir posé une première oreille pleine d’appréhension sur ce nouvel effort des Montréalais.
Notamment parce que leur précédente sortie, “Reflektor”, est celle vers laquelle je reviens le moins lorsque l’envie me vient d’écouter leur musique. Non pas que je ne l’aime pas (loin de là même) mais simplement parce qu’après la trilogie “Funeral”/”Neon Bible”/”The Suburbs”… voilà quoi, tu peux pas test frère comme on dit en Equipe de France.
Et là, je lis des chroniques qui parlent de morceaux qui ressemblent à ABBA et d’un disque produit par un mec de Daft Punk. Le genre de truc qui, lâché comme ça, rivalise largement avec la consultation d’un forum Doctissimo en terme de terreur distillée.

Première écoute. C’est différent… certes. Mais ça a l’air cool non ? Ca a vraiment l’air cool oui. He beh alors ? He beh alors, après la 42ème écoute, j’en suis à penser que c’est d’un nouveau chef-d’oeuvre que les canadiens viennent d’accoucher.

Oui, c’est vrai, musicalement, l’album ne ressemble à aucun de ses prédécesseurs mais l’identité du groupe est immédiatement présente. Le contraste entre le côté sautillant de ces titres et la voix de Win Butler, et notamment des textes qu’elle porte, est parfait. Le plus beau dans tout ça, c’est que ce disque est d’une telle originalité et d’une telle inventivité qu’il est impossible d’y associer un style bien précis.
Il y a effectivement des éléments du disco et oui, le morceau-titre, musicalement, sonne comme du ABBA. Du ABBA sous Tranxène, certes, mais ça suffit à déclencher l’ire des fans (qu’un morceau comme “Joan Of Arc” et son refrain totalement WTF n’a pourtant jamais semblé déranger auparavant). Il y a aussi de l’indie-rock, évidemment, du dub, du punk-rock, de l’electro, des choses beaucoup plus heavy (“Creature Comfort” et sa rythmique éléphantesque, pour moi le meilleur titre de l’album). Bref, il y a de beaucoup, beaucoup de choses très différentes dans ce disque, mais c’est à chaque fois assimilé avec beaucoup de classe et d’à propos.

Et c’est là où les nombreuses réactions de dépit snobinardes me dépassent dans le sens où, s’il a évolué sur la forme, dans le fond, le groupe n’a pas tant changé et que ce type de groove ultra dansant était déjà lourdement présent sur le quasi-unanimement acclamé “Reflektor”. C’est peut-être simplement un poil plus pop, un poil plus facile à assimiler… et encore. Au fil des écoutes, ce disque grandit un peu plus en vous, notamment grâce à sa production phénoménale.

A mon humble avis, un album simplement fabuleux, profond et universel, à ne pas juger hâtivement et qui, pour ne rien gâcher, bénéficie d’un packaging superbement soigné dont la pochette se voit déclinée en 20 éditions limitées différentes selon le pays de parution.

La version “Tout Maintenant” destinée à la France est évidemment disponible en ligne et au magasin !

ARCADE FIRE “Everything Now” [LP]

 

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