En 1994, The Offspring lâchent leur album “Smash” sur la planète Terre. Green Day quant à eux, sortent “Dookie”. A une époque où MTV et les radios grand public diffusent encore abondamment du rock, les singles “Come Out And Play”, “Self Esteem” et “Basket Case” créent un raz-de-marée. A partir de là, toutes les majors que comptent la-dite planète veulent leur groupe de punk-rock californien pour faire péter le tiroir-caisse.

Rancid, qui viennent de sortir leur deuxième album “Let’s Go”, se voient alors assaillis d’offres mirobolantes de la part de labels désireux de publier leur troisième album à venir. Droit dans ses rangers, la bande emmenée par Tim Armstrong et Lars Frederiksen décide de rester chez Epitaph Records, leur label indé historique fondé par Brett Gurewitz des icônes de Bad Religion.

En hommage aux rôdeurs des majors ayant subitement sentis le vent des dollars tourner, le groupe a un titre tout trouvé pour le disque qu’il leur a refusé : “…And Out Come The Wolves”. Ironiquement, l’album deviendra le plus gros succès du groupe et se vendra à plus d’un million d’exemplaires. Le disque trouvant un écho particulier auprès de kids pour qui Green Day et The Offspring mettent définitivement trop de pop dans leur punk.

Pour caricaturer, Rancid, c’est The Clash qui aurait grandi au pays de l’Oncle Sam en assimilant le hardcore du pays. Mêmes influences ska, même démarche politique dans les textes, même côté cru tempéré par un sens du songwriting salement affuté. C’est sauvage, mais suffisamment accrocheur et propre pour s’écouter sans problème en mangeant ses bichocos à l’heure du goûter.
Pour moi, ce disque est l’album ultime du revival punk-rock des nineties. On ne va pas se mentir, Tim Armstrong chante comme un cul mais ses refrains sont tellement monstrueux et son timbre de voix plein de graviers tellement parfait pour le style qu’on s’en fout un peu que les notes tombent (parfois) à côté.

Plus qu’une phénoménale collection de tubes (“Time Bomb” et son ska-punk irrésistible, “Ruby Soho”, “Journey To The End Of The East Bay”, “Roots Radical”, “Olympia, WA” et leurs refrains de stade), “…And Out Come The Wolves” est avant tout le témoignage d’une époque où les groupes de punk-rock gardaient en tête que si leurs glorieux aînés furent si glorieux (les Ramones et The Clash en tête), c’est avant tout parce qu’ils écrivaient des chansons fabuleuses.

L’album est disponible en ligne et au magasin dans une très jolie édition 20ème anniversaire qui ravira le créteux en toi !


RANCID “…And Out Come The Wolves” [LP]

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