Comme pour ces types qui passent sous une voiture après avoir gagné au loto, la vie est parfois… cocasse. Bradley Nowell pourrait vous en parler lui qui, à la suite d’années de galère, décéda d’une overdose d’héroïne après avoir signé son premier contrat avec une major… avant même que l’album qu’il ait enregistré pour celle-ci ne soit publié.
Bradley Nowell ne pourra donc pas vous en parler en fait. Mais c’est ainsi que paru cet album éponyme de Sublime, initialement nommé “Killin’ It” puis rebaptisé suite aux événements, deux mois après que son leader ait passé l’arme à gauche.
Ironiquement, le groupe allait alors décrocher la timbale en plaçant plusieurs extraits du disque tout en haut des charts. A commencer par les incontournables “What I Got” (peut-être le meilleur titre du genre jamais écrit), “Wrong Way”, “Santeria” et “Date Rape”.
En brassant le punk-rock, le reggae, le hip-hop et la folk, Sublime engendrait probablement la musique la plus californienne qu’il soit possible d’imaginer. Là où The Smiths incarnaient à merveille la grisaille du Manchester des eighties, Sublime condensaient dans leur musique à peu près tous les clichés qu’on aime se faire du sud-ouest des Etats-Unis et de ces types en baggy qui passent leur journée à surfer et à s’envoyer des splifs de six mètres de long sous un ciel bleu azur.
La feel good music par excellence, faite de rythmiques dansantes, de basses tout en rondeur, de guitares sautillantes et de refrains Fa Si La Chanter. Pas de risque de se faire de noeud au cerveau, de se blesser en analysant une gamme bien trop complexe pour laquelle de toutes façons John Petrucci a probablement déjà déposé un copyright. On est là pour passer un bon moment et observer encore une fois une bande de blanc-becs torpiller avec talent la musique caribéenne et afro-américaine en la bâtardisant avec leur héritage de gringos.
Dans le genre, cet album reste la référence absolue et se déguste avec toujours autant de bonheur vingt ans après sa sortie. ![]()



