Pour certains, New York City évoque les gratte-ciels et les taxis jaunes, pour d’autres, une liste de noms de groupes à l’image de la ville : démesurée.
Du rock de The Velvet Underground, The Strokes et Interpol à la noise des Swans, UNSANE, Helmet et Sonic Youth, du hardcore de Sick Of It All, MADBALL et Agnostic Front au hip-hop des Wu-Tang Clan, NAS, et Run DMC en passant par le hard-rock de stade de KISS, le punk-rock des Ramones et le metal d’Anthrax et White Zombie, la liste des groupes issus de cette ville, à avoir lourdement marqué le paysage musical mondial de leur empreinte, est tout bonnement inhumaine.
Au milieu de ce gigantesque bordel culturel, en tant que premier collectif de rappeurs blancs à connaître un semblant de succès en embrassant pleinement la fusion des univers rock et hip-hop (avant même qu’Aerosmith et Run DMC n’aient livré leur relecture de “Walk This Way”), les Beastie Boys viennent se poser comme une anomalie de la nature.
Comment trois blanc-becs issus de familles aisées (juives, au demeurant) ont-ils bien pu devenir certains des plus influents acteurs d’une scène à l’époque quasi-exclusivement tournée vers les ghettos afro-américains ? La réponse demeure encore aujourd’hui un mystère mais ne peut commencer à se trouver qu’à la lueur d’un seul et unique argument massu : l’insolent talent desdits blanc-becs.
Huit ans après ses débuts hip-hop avec le “Licensed To Ill” de ‘86 (le groupe avait en effet commencé bien plus tôt, dès ‘81, en tant que groupe de punk), le trio infernal livrait ce qui allait devenir son plus gros succès commercial : “Ill Communication”. Propulsé par les tubes “Sabotage” et “Sure Shot”, l’album ne marquait pas de véritable évolution dans le son du groupe mais confirmait une nouvelle fois son habileté à bouffer à tous les râteliers pour en recracher une tambouille unique. Un gigantesque bouillonnement informe à base de hip-hop, de funk, de jazz et de punk, qui ne ressemble encore aujourd’hui à aucun autre et demeure deux décennies plus tard, un des sommets de la musique alternative des nineties. ![]()



