Haaa le Brésil. Ses plages de sable fin, ses… « maillots », ses footballeurs à 222 millions d’Euros et… ses groupes de death-metal. Si Sepultura commence dès le milieu des années 80 à tronçonner du riff thrash au sein d’un death-metal des familles, ce n’est qu’en 1993, à la sortie d’un « Chaos A.D. » qui les voit injecter une bonne dose de metal-alternatif à leur musique, que le quartet de Belo Horizonte connaît un véritable succès mondial grâce aux singles « Territory » et « Refuse/Resist ».
Trois années plus tard, le groupe revient avec un « Roots » qui va les asseoir en superstars de la scène metal, notamment en devenant le premier album de metal extrême à être certifié disque d’or en France. Et pour cause, « Roots » est un monstre.
Les brésiliens, traumatisés par la découverte du premier album de Korn en 1994, s’en vont chercher Ross Robinson, producteur des californiens, dans le but avoué d’insuffler une intensité nouvelle à leur musique. De là à dire que Robinson a à ce moment là volé le son de Korn pour le refiler à Sepultura, il n’y a qu’un pas plutôt facile à franchir à l’écoute du disque tant l’influence des parrains du neo-metal est palpable sur ce « Roots » truffé de riffs empruntés au quintet de Bakersfield (qui avait lui-même de toute façon dû bouffer du « Chaos A.D. » à toutes les sauces avant la sortie de son premier album, la boucle est bouclée).
Quoi qu’il en soit, Sepultura ont alors assez de métier et de personnalité pour ne pas tomber dans la facilité du rip-off et vont chercher du côté de leurs racines brésiliennes des idées fraîches à injecter à leur metal de la mort nouvellement neo-métallisé. On sort les instruments traditionnels (notamment cet improbable berimbau qui annonce la charge éléphantesque d’ »Attitude »), les percussions tribales en tout genre (dont la fusion avec le metal atteint son paroxysme sur le démentiel « Ratamahatta » en duo avec le chanteur/percussionniste Carlinhos Brown – Tribalistas), les chants de tribus indigènes, les guitares à cordes nylon, etc… tout ce qui fait qu’au final, « Roots » ne ressemble qu’à « Roots ». Une espèce d’oeuvre viscérale, heavy as fuck, dominée par la voix inhumaine d’un Max Cavalera qui ne ressemble pas encore à l’époque à un crust qui rentre du Reggae Sun Ska.
Rhino rééditent aujourd’hui pour la première fois depuis sa sortie cette oeuvre majeure de la musique des nineties (toutes catégories confondues). Et ça, ça donne envie de faire des petits sauts de cabri, en slip dans la forêt amazonienne en hurlant “ratamahatatatahatmahatatatata ho !”. Quoi que cela puisse bien vouloir dire. ![]()
Dispo en ligne et au magasin dans une très cool version double LP comprenant des démos inédites et des titres live ! ![]()



