Deuxième album pour le quintet finlandais et troisième mandale d’affilé. Troisième en deux sorties ? Car avant son changement de sobriquet suite à diverses vagues de départs, Grave Pleasures officiaient sous le nom de Beastmilk. Toujours articulé autour du duo Mat “Kvohst” McNerney (chant) et Valterri Arino (basse), le quintet anglo-finnois (le chanteur anglais vs. quatre noisemakers finlandais) revient aux affaires avec ce “Motherblood” qu’un mot un seul me suffira à qualifier : maisquelputaindeskeud.

Tu aimes Killing Joke: Official et les Misfits ? Non ? Ha… alors premièrement, sache que tu as tort. Mais si tel était le cas (ça m’aiderait pour le flow de cette chronique vois-tu) alors nous aurions (re)-trouvé là ton nouveau groupe préféré. Si le seul et unique album de Beastmilk tuait, on avait senti une petite (toute petite) baisse de régime sur le premier Grave Pleasures qui bien que truffé de bons moments, s’essoufflait un peu sur sa longueur. Là, non seulement “Motherblood” ne s’essouffle jamais, mais ses écoutes répétées ne font qu’amplifier l’addiction que ses tubes en pagaille génèrent.

Le postulat de base est plutôt simple : “On va tous mourir, faisons la fête en attendant ! Wouhou !”. Dans ce grand élan de nihilisme euphorique, le groupe emprunte au post-punk eighties de Killing Joke: Official et consorts ses rythmiques sur-tendues, répétitives et raides comme un DSK de bon matin, son sens de la batterie dansante qui fonce tout droit en évitant bien soigneusement le moindre détour par la case groove et ses guitares pleines de textures et d’harmonies malades qui fusent dans tous les sens (mais quelle régalade au casque !). A ça, les petits coquins ajoutent une bonne dose de rock nerveux et emballent l’affaire avec un chanteur à la voix pleine de charisme qui a été piquer ses tics du côté de celle post-Elvissienne de Danzig et de ses Misfits.

Et alors là les copains, bah ça torche salement du tube par paquets de douze (même quand l’album ne comporte que dix titres). L’équilibre entre le côté rêche et brut de la production et le côté extrêmement soigné et raffiné du songwriting confine à la perfection et place, pour moi, Grave Pleasures directement dans la catégorie de ces groupes qui, même s’ils n’ont stylistiquement rien à voir entre eux, pètent la classe quoi qu’ils fassent : les The Doors, Wovenhand (official), The Cult, Jane’s Addiction et compagnie. Une espèce d’esthétique artistique collective qui départage l’aristocratie de la plèbe. Et dans le genre, Grave Pleasures viennent de lâcher là un sacré album de darons…

Album disponible en ligne et au magasin dans une très jolie édition deluxe incluant un gros livret et la version CD de l’album.


GRAVE PLEASURES « Motherblood » [LP+CD]

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